Edito 02.02.2026

Dans la bande Gaza, Oum Ahmad et Abou Ahmad sont les parents de 8 enfants, et de 41 petits enfants. Durant cette guerre, leur famille est plutôt privilégiée : leurs maisons ont été détruites, ils ont été déplacés plusieurs fois, ils ont connu la famine et le froid, mais ils ont eu plus de naissances que de martyrs.

Les grands-parents ont choisi d’appeler les nouveaux nés du nom de leurs oncles et tantes. Il y a maintenant deux Mohammad, deux Aya, deux Ahmad. C’est la réponse de cette famille palestinienne à la guerre génocidaire sioniste. En prévision du possible meurtre d’un père parti chercher du bois pour faire chauffer le thé dans cet hiver sans toit, ou de la mort presque certaine d’une femme atteinte de cancer du sein, privée de soins par le blocus, il y a un double assuré parmi les enfants nés durant cette guerre coloniale cruelle. Leur message : nous sommes vivant·es, nous ne renonçons pas à notre terre, à nos droits, à notre foi dans notre cause. Ils disent : malgré le néant et les ruines nous continuons à enfanter la vie et la résistance. Les complots des puissants ne suffiront pas à prendre le contrôle de Gaza. Elle reste cette densité rebelle qui résiste face aux colons et leurs collaborateurs.

Les médias occidentaux célèbrent l’entrée en vigueur de la deuxième phase du plan Trump, qui n’offre ni cessez-le-feu réel, ni paix. La bourgeoisie occidentale s’arrête sur la remise du corps du dernier « otage israélien » mais passe sur les dizaines de milliers de corps palestiniens qui restent ensevelis dans les décombres de leurs maisons à Gaza et sur les 9250 prisonner·es politiques palestinien·nes qui croupissent dans les geôles coloniales. Les engins de travaux publics sont interdits d’entrée par l’Etat sioniste qui continue de jouir de l’impunité totale. L’hypocrisie génocidaire continue d’insulter nos vies et nos morts. Heureusement, nous n’avons que faire de ces régimes pourris jusqu’à l’os. Nous comptons sur la résistance des peuples, et celle-ci n’a pas levé le drapeau blanc.

Les noms des palestiniens amenés à administrer les affaires de Gaza sous le contrôle de Trump et Netanyahou ont été dévoilés. On aimerait croire qu’ils arriveront à soulager les Palestiniens de Gaza des souffrances infligées par l’occupation et le siège. Hélas, il est à craindre que cette instance se retrouve à travailler dans la lignée de l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas en Cisjordanie : assurer le minimum de services vitaux aux rescapés palestiniens pour le compte de l’occupant, contrôler et punir les forces qui résistent à l’occupation. Encore une fois, l’impérialisme prétend dicter aux Palestiniens les noms de leurs représentants et de leurs dirigeants.

Le problème ici n’est pas seulement le méchant Trump ou le très vilain Netanyahou, il est systémique. Il est utile de se rappeler qu’il y a tout juste vingt ans, en janvier 2006, les élections du conseil législatif palestinien ont été remportées par le Hamas.

Au nom de la « lutte contre le terrorisme », l’Union Européenne a imposé des sanctions sur l’Autorité Palestinienne et avalisé le siège meurtrier infligé au peuple Palestinien par l’occupant. Dans les rangs prétendument démocrates et progressistes, peu de voix se sont élevées pour protester contre cette atteinte au libre choix du peuple palestinien. Jusqu’à aujourd’hui, beaucoup d’organisations se disant solidaires du peuple palestinien boycottent les organisations de sa résistance quand elles sont d’inspiration islamique. En résumé : l’Europe est plus islamophobe que démocrate. Et c’est dans ces renoncements et trahisons anciennes que s’explique l’avènement de cet ordre fasciste, colonial et génocidaire qui désormais menace tous les peuples, bien au-delà de la seule Palestine.

Si les Européens avaient la décence et l’humilité d’écouter nos peuples, ils seraient moins sidérés et impuissants face à l’émergence de l’axe fasciste Tel-Aviv-Washington.

Les meurtres commis par la police de l’immigration étatsunienne ICE rencontrent plus d’indignation aujourd’hui sous Trump qu’à l’époque d’Obama et de Biden. Bizarrement, on parle aussi beaucoup moins des violences policières racistes commises ici en France. On pense bien sûr au martyr de notre frère mauritanien El Hacen Diarra, mort dans les mains de la police française la semaine dernière. Plutôt que de participer au bal des hypocrites, il nous semble préférable de partager nos analyses sur les origines de la vague fasciste qui menace le monde. D’abord, disons-le sans ambage : nous serons toujours aux côtés des nôtres contre les polices coloniales et racistes. Il faut savoir que la police étatsunienne ICE a bénéficié de programmes de formation et de technologies fournies par « Israël ». Cet Etat-colon est un conservatoire et le laboratoire sordide de la guerre raciste contre les peuples.

Il est utile de noter que tous les commentateurs indignés de l’apologie des rafles racistes faite par Arno Klarsfeld ont oublié de mentionner que ce dernier, avocat et membre du Conseil d’Etat, a servi dans l’armée israélienne.

C’est là, il y a plus de vingt ans, qu’il a été intoxiqué par l’idéologie suprémaciste dont les libéraux s’indignent aujourd’hui sans rejeter le sionisme qui en est la matrice. Au lieu de le sanctionner pour son implication dans une armée d’occupation criminelle, il a été récompensé par l’Etat français, décoré de la légion d’honneur. Aujourd’hui, on compte plus de 4000 soldats franco-israéliens impliqués dans le génocide: nous ne les laisserons pas exporter le poison de leur fascisme, et pour cela, il nous faut soutenir les forces en Palestine, au Liban et dans toute la région qui combattent le colonialisme sioniste par tous les moyens nécessaires. Dans cette lutte, nous prenons notre part : grâce à notre brigade juridique, l’avocate franco-israélienne, la présidente de « Israel Forever », celle qui avait invité en France le néonazi Smotrich et organisé des convois de colons pour bloquer l’aide humanitaire à Gaza, Nili Kupfer a annoncé qu’elle faisait l’objet de poursuites en France pour complicité de crimes contre l’humanité.

La meilleure des défenses, c’est l’attaque : continuez de soutenir Urgence Palestine pour vaincre la tyrannie sioniste !

Alors que les libéraux européens continuent de faire mine de croire que nos problèmes peuvent se régler par la prochaine petite réforme ou une « alternance démocratique » au sein du régime colonial et impérialiste, nous continuons de dire : il n’y a pas d’alternative à la résistance anticoloniale et anti-impérialiste, il n’y a pas d’alternative à la révolution décoloniale, il n’y a pas d’horizon de vie et de liberté en dehors de la chute du régime raciste-capitaliste dont le sionisme est la clé de voûte. Notre révolution a commencé en Palestine, à Gaza, et elle continue de secouer le monde et d’unir les peuples en lutte.

Nous appelons à rejoindre les prochaines mobilisations :

  • Le 7 février à Paris, contre l’impérialisme et le colonialisme, avec les peuples du Sud en lutte. 14h, place de la Nation
  • Le 14 février en soutien à la résistance du peuple palestinien, contre les plans coloniaux de Trump-Netanyahou-Macron, contre la loi Yadan et pour la libération de toute la Palestine !